La vague de
froid qui continue de s’abattre sur la France entraîne une très forte consommation d’énergie. Une panne géante est redoutée alors même que la Russie a interrompu ses livraisons de gaz.
Le cocktail est détonant : prenez des records de consommation électrique battus dans une France frigorifiée, ajoutez de fortes chutes de neige,
susceptibles d’endommager des pylônes à haute tension, et une quasi-interruption des arrivées de gaz naturel en provenance de Russie, en conflit ouvert avec son voisin ukrainien… remuez bien fort
et vous risquez de goûter à une crise d’approvisionnement énergétique majeure.
Court-circuit envisageable
Ces derniers jours, le gouvernement a tenté de rassurer les Français. « Le conflit sur le gaz n’est pas dangereux pour nos approvisionnements », a
affirmé François Fillon. Mais au moment où le mercure plonge il est descendu dans la nuit d’hier jusqu’à - 20 o C dans les Ardennes et à - 9 o C à Paris , la tension est montée d’un cran. Hier,
le patron de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, a été convoqué d’urgence à Matignon.
Le problème ? Malgré un imposant parc nucléaire et sa capacité à mobiliser rapidement des moyens supplémentaires de production, la France est sous la
menace d’un court-circuit géant. Le risque est qu’un pic de consommation fasse disjoncter une centrale, ce qui aurait pour effet d’« écrouler » le système et de plonger une partie du pays dans le
noir. Déjà, mercredi, 17 000 foyers des Bouches-de-Rhône étaient privés d’électricité, 5 000 dans le Var, en raison des très fortes chutes de neige.
Du côté gazier, la journée d’hier avait mal commencé. Dans la matinée, Vladimir Poutine avait ordonné à Gazprom l’arrêt total des livraisons vers
l’Ukraine, pays par lequel transite 80 % du gaz exporté vers l’Europe. Si, selon la ministre de l’Economie Christine Lagarde, « la France est peu exposée », une crise prolongée ne serait pas sans
conséquence. Un sommet à trois avec l’Union européenne et l’Ukraine doit se tenir aujourd’hui, à Bruxelles, pour trouver une solution. Dans la soirée, le président ukrainien Iouchtchenko se
disait prêt à des concessions pour que la Russie reprenne ses livraisons de gaz. Pour retourner à l'accueil, cliquer sur
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