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Mardi 18 novembre 2008
C'est une nouvelle petite musique que jouent les patrons. Fini les chansons réclamant à tue-tête « moins d'Etat » ou vantant haut et fort les vertus de « la main invisible » du marché. Aujourd'hui, qu'ils soient américains ou européens, les PDG ont tous le même refrain à la bouche : « Aidez-nous. » « Ne laissez pas Detroit faire faillite », répètent en boucle les constructeurs automobiles yankees. « Baissez les impôts et les taux, relancez l'économie par la dépense publique », lancent en choeur les multinationales européennes. Deux mois après la faillite de Lehman Brothers qui a fait vaciller le système financier mondial, la crainte est que l'histoire se répète sur le terrain industriel.

A court terme, les gouvernements n'ont sans doute guère le choix. On ne prive pas d'oxygène un malade encore en salle d'opération. L'économie mondiale est dangereusement fragile, lui administrer une purge serait contre-productif. L'urgence est de stabiliser la situation afin d'éviter que des faillites de grandes entreprises entraînent dans leur sillage des fournisseurs ou même des concurrents. Par ricochet, la liquidation d'un General Motors risquerait de provoquer la chute d'équipementiers alimentant toute l'industrie automobile. Et tout comme, dans la finance, la faillite de Lehman a brisé la confiance entre banquiers, la disparition soudaine d'un colosse industriel pourrait ébranler toutes les relations entre clients et fournisseurs, provoquant un gel du système productif. La machine ne tousserait pas. Elle s'arrêterait.

Mais, attention, une fois passé le pire de la crise, les industriels devront réapprendre à se passer de la béquille d'un Etat pompier. Celui-ci n'a pas vocation à relancer la consommation par de la dette ou à voler au secours de tous. Car derrière chaque entreprise artificiellement maintenue en vie se cache un zombie. Une entreprise mort-vivant souvent plus soucieuse de doper son chiffre d'affaires que de défendre ses marges. Un « faible » qui aurait vocation à disparaître ou à être racheté par un « fort » et qui en se maintenant en vie prive de débouchés et de croissance des concurrents mieux gérés. Les patrons chantent aujourd'hui sous les balcons de l'Etat. Ils doivent être entendus, mais ils ne doivent pas se muer en maîtres chanteurs.

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Par Papyves83 - Publié dans : Economie
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