Les dix derniers jours d’août,
toutes les formations de gauche se réunissent en universités d’été.
Ce traditionnel rendez-vous prend un relief particulier après l’avalanche de réformes antisociales conduites par Nicolas Sarkozy.
PCF, PS, LCR et Verts invitent leurs militants à réfléchir sur les alternatives à lui opposer. A lire cette semaine dans l’Humanité-Dimanche
La Rochelle, Port-Leucate, Toulouse, Vieux-Boucau- Port d’Albret : hôtels complets du 21 au 31 août inclus. Ces quatre villes sont en effet,
l’espace d’une semaine et demie, les hôtes des universités d’été des partis de gauche. Rendez-vous annuel obligé, mais que cette année rend particulièrement important tant la gauche, justement,
est en ce pays mal en point : le PS reste très divisé sur la ligne politique (socialiste, sociale-démocrate, voire démocrate) qu’il compte assumer dans les années à venir, le PCF est
électoralement affaibli et cherche à se reconstruire, les Verts n’en finissent pas d’être éclatés entre libéralisme assumé, décroissance et écologie socialement responsable, la LCR annonce son
autodissolution dans un Nouveau parti anticapitaliste.
Le tout sur un fond de sarkozysme flamboyant, de réformes antipopulaires menées tambour battant et de luttes syndicales sans écho
politique.
D’ailleurs, si chacune des formations (PS, LCR, Verts et PCF) a invité ses militants à participer à de multiples ateliers, tables rondes,
débats et conférences théoriques, toutes ont souhaité saisir en ces quelques jours l’occasion de leur rentrée politique. Le prouvent les grandes thématiques traitées dans leurs universités
respectives, qui recouvrent point pour point les enjeux politiques nationaux et internationaux immédiats et de moyen terme. Ainsi, par exemple, du thème de l’Europe, dont chacune s’est emparée
avec en arrière-fond la présidence française et en perspective les élections européennes.
Les socialistes l’ont placé au centre de leur manifestation à La Rochelle, à égalité d’importance avec la « riposte à la politique de Sarkozy
». L’université du PCF en a fait le sujet de son dernier jour de débats, ouvrant pour sa part, et seule sur ce terrain, la question des « dynamiques pour une construction européenne de progrès
social et démocratique », après le « non » irlandais. Les Verts l’ont placé en tête de leurs discussions, c’est le cœur de leur première assemblée plénière tandis que la LCR abordera l’avenir de
l’UE à l’occasion d’un des débats de son cycle «situation politique en France et en Europe».
Comme évoqué plus haut, ces universités d’été sont aussi l’occasion de faire le point sur les transformations, évolutions et métamorphoses que
chacune des organisations a engagées après les élections de 2007. Le PCF a prévu toute la journée du 30 août pour y réfléchir.
Travail en ateliers, tables rondes et travaux dirigés doivent ainsi s’enchaîner : discussion autour du projet politique, interrogation de la
conjugaison des mots «libéral» et «gauche», travaux sur les transformations du Parti.
La LCR consacre toute sa dernière journée à Port-Leucate au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) dont Olivier Besancenot a officiellement
annoncé la création (2009) en juin dernier. Elle a donc programmé une discussion large sur ce que devraient être l’utilité, l’intervention et le programme d’un nouveau parti anticapitaliste.
D’abord autour du projet du NPA et de ce que pourraient être les contours d’un programme ou d’un manifeste, ensuite sur ses possibilités d’intervention et de construction dans la période
actuelle. Les Verts, eux, traitent la question de leur rénovation dans deux forums de leur collège exécutif, le 22 au matin et le 23 après-midi.
Seul le PS semble faire l’impasse de cette réflexion collective sur son devenir dans le cadre de l’université d’été, sans doute pour éviter
que ces quelques jours soient trop pollués par la bataille des ego. Ce d’autant que Jean-Christophe Cambadélis a bien précisé dans sa présentation à la presse du rendez-vous de La Rochelle que
«tous les responsables politiques du PS seront présents et participeront aux débats pour ce moment de riposte, de clarification et de rassemblement». Au-delà des conflits de personnes, et c’est
vrai pour chacune des organisations, il reste qu’au long de ces quelques jours d’intenses discussions nombre de rapports de forces idéologiques vont voir le jour qui ne seront pas sans
conséquences sur les congrès de fin d’année – car «un congrès est une bataille de fond», comme l’indique Jean-Luc Mélenchon sur son blog.
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ET PENDANT CE TEMPS
Le Conseil national de la RÉSISTANCE 2008 AVANCE AUSSI
et prépare l'automne..
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/
Commentaire n° 1 posté par
F.L'scribrouge le 23/08/2008 à 13h12
Que peut-on penser des "universités d'été" du PS, des verts, du PCF, de la LCR ? Selon les propos de leurs leaders, je n'en attends rien. Le PS poursuit sa politique de collaboration de classe. Il la renforce même. C'est naturel : ce parti rejoint l'UMP dans leur perspective d'intégration européenne. C'est tout dire. Les socialistes se gardent bien de vouloir revenir sur les lois sarkozystes.
Même sur l'Afghanistan, ils n'appellent pas au retrait français !
Les Verts sont en pleine démonstration politicienne : l'entente entre tous les écologistes, de Cohn-Bendit à Brice Lalonde, et de Corrine Lepage à Nicolas Hulot et josé Bové, pour simplement ne pas disparaître du champ politique? Rien sur le programme. La LCR (NPA) abandonne la référence aussi bien au Communisme qu'à la Révolution. Ils ne pensent qu'à une chose : surfer sur le mécontentement populaire sans analyse de classe, ni sur la lutte antiimpérialiste au niveau mondial. Rien sur l'Europe...Quant au PCF, ses dirigeants se divisent entre ceux qui se vautrent dans la "gauche plurielle" avec les socialistes, et ceux qui veulent abandonner eux aussi toute référence au communisme pour se retrouver dans dans un ensemble NPA bis, sans référence à l'impérialisme, et avec l'dée de faire "une Europe sociale". Seuls des groupes militants croient encore à la possibilité de changer le PCF de l'intérieur à partir de positions de classe...
Alors, beaucoupe de bruit pour rien.
Commentaire n° 2 posté par
Jean LEVY le 24/08/2008 à 11h38