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Vendredi 22 août 2008
La fédération CGT des postes et télécommunication a annoncé, jeudi 21 août, avoir recueilli plus de 73.000 signatures contre la "privatisation" de la Poste, et a appelé à "amplifier la mobilisation contre ce mauvais coup". Sur les signatures apportées à la privatisation "Touche pas à ma Poste", la moitié, soit 36.000, proviendrait des salariés, un fait qui, selon la CGT, confirme la "profonde opposition à la privatisation et au changement de statut de La Poste", ainsi que celle de "nombreux élus locaux -députés, conseillers généraux, maires", et de la population qui, "partout, affirme son attachement au service public postal".

Une cinquantaine "d'initiatives décentralisées" ont par ailleurs eu lieu jeudi dans les départements et les régions, à l'initiative du syndicat, qui a évoqué des "communiqués et conférences de presse" et des "remises de pétitions dans les directions postales et dans les préfectures".

Cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC) ont déjà convenu d'organiser une "journée d'action nationale" à la rentrée pour protester contre la "privatisation" du service public postal. Ils se réunissent le 2 septembre pour en définir les modalités.

Touche pas à mon bureau de poste ! Le service public le plus ancien du pays va-t-il provoquer une de ces mobilisations dont la France a le secret ? Pétitions, manifestations, appel au référendum… les syndicats, en tout cas, battent le rappel contre ce qu’ils appellent «la privatisation rampante de la Poste». Jean-Claude Bailly, le président de l’entreprise publique, devrait remettre au gouvernement, dès septembre, un projet de changement de statut, avec la clé une ouverture du capital à hauteur de 10 à 20 %.

Certes, en plein mois d’août, la manifestation de la CGT devant le siège de la Poste à Paris n’a rassemblé, hier, qu’une centaine de personnes. Mais les membres de l’organisation syndicale étaient venus les bras chargés de 8 125 pétitions recueillies en Ile-de-France contre «le projet de privatisation». Des opérations similaires ont été organisées un peu partout en France.

A Limoges, comme à Clermont-Ferrand, Marseille, Dijon, Angers ou Rouen, des militants se sont rendus dans les directions de la Poste ou dans les préfectures pour remettre des pétitions signées par des agents, des usagers ou des élus locaux. A Lille, tous les syndicats ont arpenté ensemble le grand marché de Wazemmes et recueillir des signatures en «faveur d’un service postal moderne […] qui réponde aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire». Evidemment, le point numéro 1 du texte dit : «Je m’oppose à la privatisation de la Poste.» Depuis le lancement de sa campagne vers la mi-juillet, la CGT affirme avoir recueilli 73 000 signatures. «La pétition a pour vocation d’ouvrir le débat public sur un sujet d’intérêt général et peser dans le rapport de force», soulignent plusieurs membres du bureau fédéral de la CGT-Fapt. Une autre pétition, initiée par SUD-PTT, circule également et a recueilli 10 000 signatures.

Fronde. Pas de trêve estivale. Tous les syndicats de l’établissement sont sur le qui-vive, depuis le 5 juillet, date à laquelle le Monde avait révélé que Jean-Claude Bailly, avait mis à l’étude un projet de transformation de la Poste en société anonyme accompagné d’une ouverture du capital. Les syndicats ont répliqué en faisant bloc.

Dans une «déclaration unitaire» publiée le 9 juillet, la CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC, affirmaient refuser «un processus qui conduirait inexorablement à la privatisation du service public postal». La veille, pour prévenir la fronde, Jean-Claude Bailly avait reçu les syndicats. Un délégué raconte : «Il nous a dit : "Il n’y a pas de projet. Ce qui a été publié dans la presse n’est qu’une hypothèse de travail parmi d’autres."» Sans convaincre. Les organisations syndicales doivent se retrouver le 2 septembre pour fixer la date d’une journée d’action dont le principe semble déjà acquis.

«La direction de la Poste et le gouvernement ont laissé volontairement fuiter ce projet dans la presse pour tester les réactions à l’intérieur de l’établissement mais aussi celles de l’opinion publique et des élus locaux, très attachés à présence de la Poste», affirme Jean-François Donnely, Secrétaire fédéral de la CGT-Fatp.

Hier, devant le siège de la Poste, des agents disaient redouter un processus de privatisation rampante à la manière de France Télécom, ancienne sœur jumelle de la Poste. Les deux établissements ont longtemps été réunis au sein d’une même entité : les PTT (postes, télégraphes et télécommunications). Mais, en juillet 1990, une loi fait table rase des PTT. On crée deux établissements publics distincts : la Poste et France Télécom. A l’époque, le gouvernement nie farouchement toute volonté de privatisation de l’activité télécommunications. Pourtant, en 1996, France Télécom devient une société anonyme avec ouverture du capital au privé. Un peu gêné aux entournures, le gouvernement s’engage à ce que l’Etat reste l’actionnaire majoritaire. Promesse non tenue : aujourd’hui, le privé détient plus des deux tiers du capital, la part de l’Etat étant réduite à 27 %.

La Poste, dossier brûlant de la rentrée…

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Par Papyves83 - Publié dans : Luttes
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