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Mardi 13 mai 2008

Deux jours après l'espoir suscité par le retrait du Hezbollah des rues de Beyrouth-Ouest, les violences se poursuivaient au Liban entre partisans de la majorité et de l'opposition, lundi 12 mai, atteignant des localités épargnées depuis le début des combats, il y a cinq jours.

Dès l'aube, des échanges de tirs étaient signalés dans la région de Masnaa, frontalière de la Syrie. Selon le site du quotidien An Nahar, la ville de Masnaa a essuyé des tirs à l'arme lourde, tandis que des hommes répliquaient des villages alentour. Le journal affirme que ces tirs venaient du côté syrien de la frontière.

Dimanche, des combats ont éclaté dans des régions majoritairement druzes du sud-est de la capitale, et se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Des tirs de mitrailleuses et de fortes explosions ont retenti dans plusieurs villages du district d'Aley, notamment à Aaytat et Baysour. D'intenses combats ont également eu lieu à Choueifat. Les druzes Walid Joumblatt, l'un des chefs de la majorité antisyrienne, et son opposant Talal Arslan, allié du Hezbollah, ont appelé leurs partisans à déposer les armes. Lundi matin, le calme semblait revenu dans cette région d'Aley.

53 MORTS ET PLUS DE 150 BLESSÉS

Le même calme précaire est revenu à Tripoli, la grande ville côtière du nord du Liban, où l'armée a pris position après que des affrontements eurent fait plusieurs morts, dimanche. A Beyrouth, les hommes armés de l'opposition chiite – Hezbollah et Amal en tête – avaient totalement disparu des quartiers ouest dont ils avaient pris le contrôle vendredi, cédant la place aux militaires déployés en masse. Un accrochage a toutefois été signalé dans le quartier d'Hamra entre des partisans chiites du Parti nationaliste syrien et des miliciens sunnites proches de la majorité.

Le bilan de ces cinq derniers jours d'affrontements s'élève à au moins cinquante-trois morts et plus de cent cinquante blessés. Le bilan politique pourrait être tout aussi désastreux. Privé de président depuis l'expiration du mandat du prosyrien Emile Lahoud en novembre, le Liban risque d'avoir du mal à se relever de cette grave crise.

Dimanche soir, la Ligue arabe a lancé "un appel urgent à la fin immédiate des violences". Mais l'influence de l'organisation régionale sur la situation libanaise est limitée, tant ses membres sont divisés entre défenseurs du gouvernement de Fouad Siniora – Egypte et Arabie saoudite – et soutiens de l'opposition chiite – Iran et Syrie.

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par Papyves83 publié dans : Dans le monde
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