Les déclarations de la fin de la semaine font monter l'inquiétude des proches d'Ingrid Betancourt. Son ex-mari, Fabrice Delloye, craint
qu'elle ne soit « déjà morte ».
En l'absence d'informations directes et récentes, l'état de santé d'Ingrid Betancourt suscite les inquiétudes les plus folles. L'otage des
Farc est malade, on le sait. Son ex-mari, Fabrice Delloye, avait annoncé fin février qu'elle souffrait d'une hépatite B. Elle serait également atteinte d'une maladie de peau, la malnutrition et
les privations l'affaiblissant encore plus. Mais les déclarations de la fin de la semaine ont encore augmenté l'angoisse des proches de la Franco-Colombienne.
Hier, Fabrice Delloye craignait le pire. « J'ai peur qu'Ingrid Betancourt soit en train de mourir ou soit déjà morte. Ce qui m'angoisse le
plus, c'est la déclaration du gouvernement colombien. Je me demande s'ils ne disposent pas d'informations que nous n'avons pas et s'ils ne sont pas en train d'ouvrir le parapluie. » Olivier
Roubi, vice-président de la Ficib (Fédération internationale des comités de soutien à Ingrid Betancourt) se montrait toutefois moins pessimiste.
Ingrid est « très malade »
Vendredi, le palais présidentiel de Bogota, en Colombie, soulignait l'état de santé « extrêmement fragile » de l'otage des Farc. « Selon des
informations de la police, de l'armée et du ministère de la Défense, nous avons établi qu'Ingrid Betancourt est très malade. En dépit de son état de santé déplorable, les guérilleros la
contraignent toujours à se déplacer en permanence, ce qui aggrave la situation. »
L'inquiétude avait été relancée jeudi lorsqu'on avait appris qu'Ingrid Betancourt avait été soignée dans un poste médical rural à San José de
Guaviare (sud-est de la Colombie), fin février. Vendredi, cette information a été confirmée par un prêtre catholique, qui a ajouté que le poste avait été encerclé par 200 à 300 guérilleros. Hier,
le président colombien Uribe s'est rendu dans cette localité et a lancé un appel pressant à la désertion des rangs des Farc. « Nous garantissons la liberté aux guérilleros qui remettront leur
otage et nous protégerons leur famille », a déclaré le chef de l'État, qui a rappelé qu'une prime de 100 millions de dollars serait versée dans ce cas. « Ce guérillero (ndlr : déserteur) pourra
aussi, s'il le veut, partir vivre à l'étranger. Nous avons déjà établi cela avec la France », a-t-il affirmé.
Cet appel vient s'ajouter à l'offre faite, jeudi, par la Colombie. Luis Carlos Restrepo, haut commissaire colombien à la paix, avait annoncé
une proposition gouvernementale prévoyant l'élargissement de guérilleros, en cas de remise en liberté immédiate de Mme Betancourt.
Une opportunité à saisir
M. Restrepo faisait valoir que les autorités avaient « réduit au minimum » leurs exigences, en ne fixant « pas de limites quant au délit
commis, ni au type de peines de prison » des détenus libérables. Toutefois, vendredi soir, le procureur général de la nation, Mario Iguaran, minimisait l'offre. Il estimait que la libération
d'Ingrid Betancourt seule par la guérilla « n'était pas suffisante selon la constitution colombienne pour autoriser la remise en liberté de guérilleros ». Il faut « que soient libérés la totalité
des otages ».
La France a solennellement appelé les Farc « à saisir sans délai cette opportunité » offerte par la Colombie, en soulignant que le « temps
presse ». Mais la proposition colombienne soulève le scepticisme des proches de l'otage. « C'est une proposition confuse », a estimé Juan Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid Betancourt. Il note que
ce plan ne prévoyait aucun retrait militaire, condition posée par la guérilla pour un échange. « S'ils avaient fait une proposition plus concrète et apporté des réponses aux demandes précises de
la guérilla comme une démilitarisation [...], nous aurions de plus grands espoirs. »
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