Le Figaro du 10 avril 2007
COMME la plupart des douze candidats à l'élection présidentielle, Olivier Besancenot s'est offert une pause à l'occasion du long week-end pascal. Profitant d'un meeting, samedi à Ajaccio, le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est resté deux jours en Corse, loin des cameramen et des photographes, avec sa compagne et son fils. Alors qu'il lui reste très précisément douze jours pour convaincre les électeurs de l'utilité de voter pour lui, le porte-parole de la Ligue avait besoin de ce « break » : il est en effet sous pression, lui qui confirme sondage après sondage sa position de « leader » de la gauche de la gauche. En 2002, avec 4,25 % des voix, il était arrivé deuxième derrière la porte-parole historique de Lutte ouvrière (LO), Arlette Laguiller (5,72 %). Cette fois, il a une chance de prendre l'ascendant sur l'ensemble de la gauche radicale et, comme en 2002, sur le PCF. Recueillant aujourd'hui en moyenne 3,5 à 5 % des intentions de vote, il devance nettement ses « amis » de la gauche antilibérale. La responsable communiste Marie-George Buffet oscille entre 1,5 et 3,5 %, quand Arlette Laguiller se situe entre 1 et 2,5 %. Tout comme le leader altermondialiste José Bové qui, avec 2 %, ne parvient toujours pas à décoller, tandis que Gérard Schivardi, le candidat du Parti des travailleurs (PT), est, lui, crédité de moins de 0,5 %. Le risque d'être la cible commune de ses «amis» Mais, avec la campagne officielle, qui a débuté hier dans les médias audiovisuels, le médiatique facteur troskiste va être désormais soumis à la même exposition que les autres candidats de la gauche antilibérale. Et risque d'être la cible commune de ses « amis ». Bové, déjà, explique qu'« on a bien vu en 2002 que ça n'avait pas servi à grand-chose » que trois millions d'électeurs votent pour lui et Laguiller. Si, en 2002, Besancenot incarnait une sorte de « renouveau » au sein de la nébuleuse antilibérale, cette fois, l'offre nouvelle, c'est Bové. Comme Buffet, le syndicaliste paysan entend peser, s'il le peut, sur le PS, quand la LCR reste dans une posture purement contestataire. Prendre le meilleur sur ses rivaux de la gauche antilibérale, oui mais pour quoi faire ? L'appel d'Olivier Besancenot, lancé il y a deux semaines, pour constituer un front antilibéral a déjà été rejeté par ses « amis ». Déjà, la tentative de désigner un candidat commun, en décembre dernier, s'était soldée par un cinglant échec. À gauche de la gauche, les ego et les appareils pèsent très lourd.