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Lundi 18 août 2008
L’ancien militaire longtemps allié des USA a annoncé lundi qu’il démissionnait, à la veille du lancement d’une procédure de destitution à son égard.

"Après avoir considéré la situation et consulté divers conseillers en droit et alliés politiques, sur leurs conseils, j’ai décidé de démissionner", a déclaré le chef de l’État dans un discours télévisé à la Nation.

Ancien membre des commandos d’élite, Pervez Musharraf avait pris le pouvoir le 12 octobre 1999 à l’issue d’un coup d’Etat militaire sans effusion de sang.

Le gouvernement avait annoncé dimanche qu’il déposerait en début de semaine devant le parlement une motion visant à engager une procédure de destitution contre l’ancien général, qui avait démissionné du poste de chef d’état-major des armées avant les élections.

Ces dernières avaient été largement remportées d’abord par le parti de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée fin décembre dans un attentat-suicide, puis par celui de l’ancien chef du gouvernement Nawaz Sharif, évincé du pouvoir en 1999 lors du putsch du général Musharraf.

Depuis la formation du gouvernement de coalition en mars, M. Musharraf était contraint à une cohabitation houleuse et privé de quasiment tous ses pouvoirs effectifs.

La coalition gouvernementale hostile à M. Musharraf mise sur pied en mars par le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, et l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, a finalement eu raison de celui qu’elle avait juré de destituer.

Ironie de l’histoire, Nawaz Sharif avait été renversé par le général Musharraf il y a neuf ans et contraint à l’exil avant de revenir au Pakistan en 2007.

Au sommet de son impopularité, l’ancien membre des commandos d’élite arrivé à la tête de l’État en octobre 1999 à la faveur d’un putsch sans effusion de sang, a donc cédé face à ses adversaires politiques.

Menacé de destitution devant le Parlement, brocardé dans la rue, M. Musharraf, 65 ans, semble avoir payé sa tentative de se maintenir au pouvoir coûte que coûte qui l’a poussé à prendre des mesures d’exception impopulaires.

Il avait justifié l’état d’urgence imposé en novembre 2007 par une insurrection islamiste et des "ingérences" de la Cour suprême qui contrarie régulièrement ses desseins et qui aurait pu contester la légalité de sa réélection le 6 octobre 2007.

Le tout face à la contestation de concitoyens d’une puissance nucléaire qui a vécu plus de la moitié de ses 61 ans d’existence sous la férule de généraux putschistes, et le reste sous des gouvernements civils soumis à la toute puissance de l’armée.

Après les attentats du 11 Septembre 2001, Pervez Musharraf est devenu l’allié-clé des États-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme", cela lui permettant le soutien de son pouvoir.

Il se présente ainsi volontiers comme le sauveur de la Nation pakistanaise mais aussi, ni plus ni moins, comme le défenseur du monde contre Al-Qaïda. Pourtant, ses relations avec les groupes islamistes radicaux pakistanais restent ambigües. Groupes qui servent de soutien au réseau d’Oussama ben Laden et aux talibans afghans qui ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, à la frontière de l’Afghanistan.

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par Papyves83 publié dans : Dans le monde
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