Le Parisien du 21 novembre 2007
« Il faut savoir terminer une grève », a dit hier Nicolas Sarkozy. La CGT y est-elle prête ?
Maryse Dumas.
Depuis des mois, les agents des régimes spéciaux ont le sentiment d'être stigmatisés et mis à l'index de la société. Ce sont eux qui décideront de la suite de leur mouvement.
Hier, la CGT-Cheminots de Rennes a appelé à lever les appels à la grève. Faut-il y voir un signe ?
La négociation s'ouvre demain pour les cheminots et à la RATP. Elle
va tracer les contours de l'avenir des régimes spéciaux dans ces professions. La CGT va être présente. C'est grâce à la mobilisation que nous avons obtenu l'ouverture de ces négociations. C'est
un pas considérable. Nous souhaitons que les salariés mesurent cet acquis. Il y a quelques semaines encore, François Fillon annonçait un passage en force. La CGT n'abandonne rien en allant
négocier, elle va continuer à défendre ses objectifs et se battre pour conquérir l'extension de droits nouveaux. Ce n'est pas gagné. C'est pourquoi la confédération appelle les agents à réfléchir
sur les futurs moyens d'action.
C'est-à-dire ?
Nous souhaitons que les salariés décident de formes d'actions qui les rassemblent, leur permettent d'être présents et d'intervenir positivement tout au
long de ces négociations qui vont durer plusieurs semaines. D'ailleurs, la CGT s'engage à les consulter au fur et à mesure des progrès et des avancées obtenues.
Des militants de la LCR vont s'inviter demain dans les assemblées générales de certains dépôts. Ne craignez-vous pas une radicalisation de votre base ?
Nous
attirons l'attention de tous sur le risque que certains responsables politiques détournent la mobilisation de ses objectifs. Pour la CGT, l'action doit être syndicale, revendicative et sociale.
Nous demandons aux salariés d'y être attentifs.
François Chérèque s'est fait insulter, hier, par certains de vos militants ? Comment réagissez-vous ?
Nous condamnons. Les sifflets et les quolibets ne font pas
partie des débats démocratiques entre les organisations syndicales. Ce qu'il faut retenir de la journée d'hier, c'est l'unité de tous les syndicats.

