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Jeudi 22 novembre 2007
Chirac.jpgJacques Chirac fut président de la République. Ce n’est pas une raison pour être plus indulgent avec lui qu’avec tout autre justiciable (au contraire sans doute : la hauteur de la fonction exige l’exemplarité). Mais ce n’est pas une raison non plus pour ne pas respecter la présomption d’in­nocence. Certes, il a été mis hier en examen pour «détournement de fonds publics», dans le cadre de la longue procédure sur les emplois fictifs de la mairie de Paris, à l’époque où il en était le maire, mais on est loin encore des conclusions. Sont en cause des postes de «chargés de mission» qui auraient été financés par la mairie de Paris au bénéfice du RPR, le Rassemblement pour la Ré­publique dont Jacques Chirac était aussi le président. Dans une tribune publiée dans Le Monde du 22 novem­bre, l’ancien chef de l’État assume la responsabilité du recrutement de ces contrats, tout en assurant que leur tra­vail se faisait au service des Parisiens. Il explique ce besoin de forces supplé­mentaires par le nombre de ses fonc­tions, locales et nationales (député de Corrèze, premier ministre, patron du RPR, maire de Paris…). Une défense qui porte en elle sa propre condamna­tion : comment ne pas imaginer que tant de mandats cumulés conduisent à la confusion des rôles ? Quelle que soit l’issue de la procé­dure, le mal est fait et, par amalgame, il dépasse la personne de Jacques Chirac. La mise en examen d’un ancien président de la République entretient le soupçon sur la probité des hommes politiques. Comme la découverte de fonds occultes dans l’une des instances patronales sème le doute sur l’honnêteté des dirigeants d’entreprise. Même quand il n’y a pas d’enrichissement personnel, même si ces pratiques souterraines ont existé parce que la loi n’avait pas encore élevé les barrières nécessaires, le système, malsain, altère l’image d’institutions qui auraient pourtant besoin de tout leur crédit. Particulièrement en ce mo­ment où le climat social est tendu, où les catégories sociales se déchirent sur la notion de privilège. Pour imposer des changements et des sacrifices, les responsables politiques et économi­ques doivent être irréprochables. Et perçus comme tels par ceux qu’ils dirigent.
par Papyves83 publié dans : Actualité
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