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Samedi 15 novembre 2008
Comment peut-on vivre avec des salaires, pensions et retraites très souvent inférieurs à 1 000 euros nets par mois, ce qui est le lot de millions de personnes seules et de familles monoparentales ou pas, quand sévissent le chômage et l’insécurité du lendemain ?
On ne vit pas, on survit, parfois dans l’indifférence générale tant cette société capitaliste de consommation finit par nous habituer à cette précarité, à cette misère qu’il ne faudrait surtout pas mettre sur le dos du système et de ceux qui nous gouvernent, comme s’ils n’y pouvaient rien eux-mêmes. Mais alors à quoi servent-ils ? A qui servent-ils ?

Pourquoi faudrait-il considérer comme une fatalité que l’on ne puisse pas vivre décemment de son travail ? A condition d’en avoir un, et payé suffisamment pour faire face aux dépenses incompressibles, car la caractéristique aujourd’hui, c’est que de plus en plus de salariés mal payés et, à plus forte raison s’ils sont  à temps partiel, basculent dans la précarité.


Et voilà qu’avec la crise du système dans laquelle le monde est plongé, suite aux spéculations boursières inhérentes au capitalisme, non seulement les Etats volent au secours des banques en les garantissant avec notre argent, mais ils ne trouvent rien à redire et à faire pour s’opposer aux vagues de licenciements provoquées par la récession, plombant la croissance et l’emploi.

Mieux, à l’instar de Sarkozy, ils accentuent les réformes visant à privatiser les services publics, à allonger la durée du travail (jusqu’à 70 ans !!) avec celle des cotisations, à réduire le montant des retraites, des dépenses de santé et de leur remboursement aux assurés sociaux.
Cela dans le même temps où les 50 directeurs les mieux payés ont gagné en moyenne 383 000 euros par mois (20 ans de revenus d’un salarié modeste ou encore 310 fois le SMIC qui lui n’a augmenté que de 2,1% en 2007).

Une injustice insupportable

Une année record pour le CAC 40 qui a permis de dégager 103 milliards d’euros de bénéfices nets que se sont partagés les actionnaires.

Pour se faire une idée de l’ordre de grandeur, avec la moitié de cette somme, soit 50 milliards d’euros, il n’y aurait plus de déficit de la sécurité sociale ou, si on la répartissait entre les 5 millions de personnes ayant les plus bas revenus, cela ferait 10 000 euros par foyer (plus de 800 euros par mois). Le financement du SMIC à 1500 euros ne poserait pas de problème. De quoi relancer sérieusement la consommation et réduire –légèrement- les inégalités.

Et l’on voudrait que salariés, retraités et chômeurs n’aient pas le sentiment d’être les dindons de la farce ? Quelque chose ne tourne pas rond dans le pays et dans ce monde où règne un capitalisme effréné qui nous est présenté comme le plus efficace et le plus…libéral des systèmes.

Nous subissons une injustice insupportable tandis qu’un président présomptueux et démagogue nous assure qu’il va être celui qui va redresser notre pouvoir d’achat, revaloriser le travail et moraliser le capitalisme! Et malgré ses « résultats » sa cote de popularité remonte…mais reste en dessous de la moyenne si l’on en croit les sondages.
C’est à n’y rien comprendre, sauf à constater le spectacle d’une gauche émiettée entre ceux qui lorgnent vers le centre, d’autres qui se drapent dans leur pureté révolutionnaire purement protestataire optant pour une stratégie de l’isolement qui les voue à l’impuissance.

Et un PCF ignoré des médias, qui cherche à inverser la spirale du déclin en retrouvant ses fondamentaux, la défense des exploités et le rassemblement des victimes de toutes les aliénations, de toutes les oppressions dans une perspective de libération et d’émancipation humaine, de communisme authentique synonyme de paix, de liberté, de justice sociale, de laïcité, de développement économique compatible avec le respect de notre environnement.


Parmi tout un ensemble de propositions, celle d’une sécurité d’emploi et de formation, parfois reprise sous l’appellation « sécurité sociale professionnelle » mais toujours pas instaurée, mériterait, de mon point de vue, un tout autre intérêt des médias et du parti lui-même.

Le capitalisme est en bout de course mais il ne tombera pas de lui-même. Il y faudra un sérieux coup de pouce, un développement de la lutte des classes avec des objectifs ambitieux et des priorités  en matière sociale comme pour la maîtrise du crédit et des banques...ce qui suppose un rassemblement le plus large possible à vocation majoritaire et transformatrice.

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par René FREDON publié dans : Sarkozisme
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