Dimanche 30 mars 2008
Sans attendre les "premières propositions" du gouvernement prévues pour la mi-avril, les trois syndicats appelaient à manifester samedi, deux jours après après le lancement de la concertation sur les retraites par le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
Ils revendiquent une "vraie négociation" et refusent l'allongement prévu à 41 ans de la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein.
La manifestation parisienne, entre la Place de la Nation et Bastille, a réuni entre 4.600 personnes selon la police et 10 à 15.000 personnes selon la CGT, qui a par ailleurs tablé sur "quelques dizaines de milliers de personnes" dans tout le pays.
A Paris, les leaders syndicaux, derrière une banderole demandant de stopper "la casse des retraites", ont souligné que ces manifestations n'étaient qu'un "début". "C'est une mise en jambes, une initiative indispensable pour que le débat soit public dans le pays", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.
M. Thibault a expliqué n'avoir pas "voulu perdre de temps, pour que les salariés soient sensibilisés et attentifs et exercent une pression s'ils ne veulent pas être déçus."
Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a dit que son "souci (était) que l'on n'escamote pas le débat", "la mécanique implacable" défendue par le gouvernement aboutissant "à avoir moins de retraites même en travaillant plus longtemps".
Plusieurs manifestations ont eu lieu dans la matinée en régions.
A Lille, entre 900 personnes (police) et 1.500 (organisateurs), ont manifesté, scandant notamment: "Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, on n'en veut pas, de cette société-là". A Strasbourg, entre 300 personnes (police) et 400 (organisateurs) ont manifesté.
On a aussi défilé à Rennes (600 selon la police, 1.500 selon les organisateurs), Rouen (1.000 selon la police), Nantes (900 selon la police), ainsi qu'à Saint-Brieuc (400 selon police et CGT), Angers (350, police), Brest (300, police et CGT), Le Havre (400, police) et Tours (550, police).
A Toulouse, entre 900 personnes (police), et 3.000 (organisateurs) ont manifesté et à Bordeaux, ils étaient entre 1.000 personnes (police) et 1.500 (organisateurs). Quelque 500 personnes se sont rassemblées à la Rochelle. A Angoulême, un défilé a réuni entre 500 et 1.000 personnes demandant notamment: "Augmentez nos retraites de misère".
Entre 2.000, selon la police, et 5.000 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Lyon. A Roanne, 500 à 800 manifestants étaient recensés et entre 300 et 700 à Clermont-Ferrand. A Grenoble, un millier de manifestants (syndicats) ou 900 (police) ont battu le pavé.
A Marseille, des salariés grévistes de ST Microelectronics s'étaient joints au cortège qui rassemblait entre 1.500 (police) et 10.000 personnes (CGT).
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