
Le 21 septembre 2008 aura lieu l'élection pour les 114 sièges de sénateurs de la série A.
Issus du suffrage universel indirect, les sénateurs sont élus pour six ans par un collège électoral de plus de 150.000 élus. Les candidats doivent avoir au moins 30 ans révolus.
Ce régime électoral est issu d'une réforme adoptée en 2003 (voir la loi sur le site de légifrance), abaissant l'âge d'éligibilité et réduisant la durée du mandat sénatorial de neuf ans à six ans, en vue de l'inscrire dans une périodicité harmonisée avec celle des mandats locaux.
Pour adapter la composition du Sénat aux nouvelles réalités territoriales et démographiques, une augmentation progressive du nombre de sénateurs a également été prévue par la loi de 2003, à compter de 2004.
A l'issue d'une nécessaire période transitoire de mise en oeuvre, cette réforme aura fini de produire ses pleins effets au 1er octobre 2011, le Sénat se renouvelant alors par moitié tous les 3 ans .
Les élections sénatoriales sont les seules élections pour lesquelles le vote est obligatoire pour les membres du collège électoral.
Un peu plus de 50.000 grands électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour des élections sénatoriales qui devraient être marquées par une
légère progression de la gauche sans remettre en cause l'inamovible majorité de droite sur la Haute Assemblée.
Ce scrutin, repoussé d'un an en raison des élections de 2007, ne donnera pas lieu à beaucoup de bouleversements dans la seule institution contrôlée sans discontinuer par la droite depuis 1958,
qualifiée par Lionel Jospin "d'anomalie parmi les démocraties". L'UMP, qui détient 159 sièges dans l'assemblée sortante, s'attend à laisser quelques plumes et s'éloigner de la majorité absolue,
perdue lors du dernier renouvellement de 2004. Mais le parti présidentiel conservera sans problème le contrôle de la Haute Assemblée grâce à ses alliés radicaux et centristes.
En l'absence de tout suspense, le principal enjeu porte sur le nom du prochain président du Sénat. Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher briguent la succession de Christian Poncelet au
plateau.
Le PS s'attend à "quelques gains"
Le PS (95 sièges) devrait gagner entre 10 et 15 sièges, selon les pointages, grâce à ses victoires aux dernières municipales, cantonales et régionales. Président du groupe socialiste au Sénat,
Jean-Pierre Bel s'attend à "quelques gains" en Ille-et-Vilaine, en Côte d'Or, dans le Gers, le Doubs ou la Drôme. L'UMP espère atténuer ses pertes par des succès dans les départements où des
sièges ont été créés, et notamment outre-mer où les sièges de Saint-Martin et Saint-Barthélémy lui sont promis.
La gauche voit dans cette situation un "déni de démocratie", alors qu'elle contrôle 20 régions sur 22, la majorité des départements et 58,5% des villes de plus de 30.000 habitants. "La gauche
aurait dû être majoritaire dimanche soir, et ce ne sera pas le cas", se désespère Jean-Pierre Bel. "Cela est dû au mode de scrutin du Sénat, que la majorité n'a pas voulu réformer".


