Mardi 23 décembre 2008
Un capitaine de l’armée guinéenne a annoncé ce matin à la radio d’Etat "la dissolution" du gouvernement et des institutions républicaines et la suspension de la Constitution en
Guinée.Tentative de coup d'état ?
Cette annonce intervient quelques heures après le décès du président de Guinée Lansana Conté au pouvoir depuis 1984.
"A compter d’aujourd’hui, la Constitution est suspendue, ainsi que toute activité politique et syndicale", a déclaré le capitaine Moussa Dadis Camara sur les ondes de Radio Conakry.
"Le gouvernement et les institutions républicaines sont dissous", a-t-il ajouté en annonçant qu’un "conseil consultatif" allait bientôt être mis en place, "composé de civils et militaires".
"Les institutions républicaines se sont illustrées par leur incapacité à s’impliquer dans la résolution des crises" que traversent le pays, a notamment déclaré ce militaire, évoquant le "désespoir profond de la population" ou la nécessité du "redressement économique" et de la lutte "contre la corruption".
24 ans de règne sans partage
Le général Lansana Conté, est mort lundi soir à l’âge de 74 ans, après un long règne de 24 ans marqué par de sanglantes répressions et une gestion calamiteuse d’un pays classé parmi les plus pauvres du monde malgré un sous-sol très riche.
Militaire de carrière, Lansana Conté était arrivé au pouvoir le 3 avril 1984, à la faveur d’un coup d’Etat, une semaine après la mort du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.
Depuis, il avait toujours pris appui sur les dirigeants de l’armée pour avoir la haute main, avec son clan, sur la vie politique et économique de ce pays ouest-africain. Et il s’accrochait au pouvoir, malgré ses maladies (une forme aiguë de diabète, une leucémie…) et une contestation de plus en plus vive.
Début 2007, de grandes manifestations populaires hostiles au régime et aux "prédateurs de l’économie nationale" avaient été violemment réprimées : au moins 186 personnes avaient été tuées et 1.200 blessées.
Les organisations non gouvernementales ont maintes fois dénoncé la "gestion calamiteuse" de la Guinée, minée par la corruption et classée parmi les pays les plus pauvres du monde malgré les richesses de son sous-sol (bauxite, fer, or, diamants…).
Le mois dernier, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans la capitale comme en province, notamment pour protester contre la cherté du carburant ou les coupures d’électricité.
Selon l’organisation Human Rights Watch, la répression de ces manifestations avait abouti à la mort de "quatre" personnes "au moins", les forces armées ayant parfois tiré à balles réelles.
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