Mercredi 28 novembre 2007
Pourquery Didier, Libération du 28 novembre 2007 C’est vraiment lui qui doit tout faire dans ce pays. D’ailleurs hier, un des manifestants de Villiers-le-Bel le disait : tant que les jeunes n’auront pas vu Sarkozy, ils ne seront pas calmés. Rien de plus normal. Après tout, c’est lui qui lâcha naguère les mots de «racailles» et de «Kärcher», juste avant les événements que l’on sait. Aujourd’hui, il doit faire le service après-vente de ses propos. Et plus encore de ses promesses non tenues de traiter au fond le problème des quartiers sensibles. Sur ce point en effet, on n’a pas vu grand-chose. Les associations attendent toujours leurs budgets supplémentaires. Ce qu’on a vu surtout, c’est une politique sécuritaire d’un classicisme éprouvé. Qui donne les résultats que l’on voit. On ne sait pas ce que notre omniprésident va dire aujourd’hui. On sait seulement qu’il a prêché, de loin, la fermeté et la justice. On sait aussi qu’à part quelques propos virils de François Fillon («On ne lâchera pas», mais quoi au fait ? Les budgets ? on avait vu, merci) et analyses simplistes de Michèle Alliot-Marie qui voit des bandes de trafiquants de drogue partout (c’est si commode), le reste du gouvernement est plutôt absent. A quoi sert par exemple d’avoir Fadela Amara dans son équipe si elle n’a que le droit de ne rien dire ? Alors, une fois encore, Nicolas Sarkozy va monter au créneau après que le chœur des ministres inaudibles lui a préparé le terrain. Il récolte ce qu’il a semé. Va-t-il profiter de ses annonces sur le soutien au pouvoir d’achat pour faire un vrai geste en faveur des banlieues ? Ce serait une bonne idée car c’est en grande partie le problème de ces quartiers en souffrance.

