
Hassan Nasrallah, le chef du parti chiite, avait qualifié, jeudi, de "déclaration de guerre" des décisions prises mardi par le gouvernement à l’encontre du Hezbollah.
Les combats entre partisans de l’opposition emmenée par le Hezbollah et ceux du gouvernement ont cessé vendredi à Beyrouth, les combattants du Hezbollah ayant pris le contrôle de l’ouest de la capitale.
Les violents affrontements armés ont éclaté jeudi et se sont poursuivis vendredi, faisant onze morts, dans l’ouest de Beyrouth, quelques instants après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Ce dernier a accusé jeudi le gouvernement libanais de vouloir désarmer la formation chiite affirmant que celle-ci utilisera ses armes "pour "défendre la résistance".
Les violents accrochages armés entre partisans de l’opposition et de la majorité anti-syrienne, qui se sont multipliés mercredi 7 mai à Beyrouth, se sont étendus jeudi à plusieurs villes du Liban. Le pays est paralysé, avec de nombreuses routes bloquées et l’aéroport international fermé. Selon un journaliste de l’AFP et des témoins, les partisans armés de l’opposition gagnent du terrain et contrôlent désormais plusieurs quartiers considérés jusque-là comme des bastions de la formation de Saad Hariri dans l’ouest de Beyrouth où se concentrent les affrontements.
Le Hezbollah a pris le contrôle d’une grande partie de la capitale, dont des organes de presse pro-gouvernementaux comme la chaîne de télévision Future News, au troisième jour d’une campagne de désobéissance, qui a fait au moins 11 morts et 20 blessés. Des hommes armés ont également investi les locaux du journal Al Moustakbal appartenant à Hariri, ont déclaré des témoins. De la fumée s’échappait des fenêtres du bâtiment. Le bruit sourd des grenades et le craquement des armes automatiques ont continué de résonner durant la nuit, rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990.
Le gouvernement avait décidé mardi d’enquêter sur un réseau de télécommunications qui aurait été installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth présenté comme un proche du mouvement chiite. Ce réseau téléphonique privé, enterré, relie les localités du sud et la banlieue sud de Beyrouth, et est destiné selon le Hezbollah "à échapper aux écoutes israéliennes".
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a prévenu jeudi que la crise au Liban ne sera résolue que si le gouvernement revient sur ses décisions prises à l’encontre de la formation chiite et accepte un dialogue national.
Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision de démanteler le réseau de communications du Hezbollah. Le fils de l’ancien Premier ministre assassiné en 2005 a en outre suggéré que l’armée soit chargée de trancher cette question.
L’ONU lance un appel au calme
Celle-ci est restée jusqu’ici en dehors du conflit, de crainte de voir les soldats déserter et rejoindre leurs communautés.
Selon un des émissaires de l’ONU au Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, le Hezbollah libanais dispose d’une infrastructure paramilitaire massive en marge de l’Etat qui constitue une menace à la paix et à la sécurité régionales.
A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n’ayant pas de valeur contraignante.
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